« Concernant la statue intitulée l’Amour, j’ai lu le texte écrit par M. Jean-Claude Guérin. Je pense que nous ne parlons pas la même langue ; il me semble que le français soit devenu incompréhensible.
Vous parlez de goût, mais il y a déjà plusieurs dizaines d’années que je me suis exprimé et écrit sur ce sujet : « l’art en général et la peinture en particulier ne s’expliquent pas, il n’y a rien à comprendre, on aime ou on n’aime pas, tout le reste n’est que littérature ».
Vous parlez de Maillol. Quel bonheur ! Si seulement pour exprimer l’Amour il y avait une statue de cet extraordinaire sculpteur : il n’y aurait certainement pas de polémique. Concernant les deux protagonistes qui se sont exprimés, vous parlez d’amateurs d’art ! En ce qui me concerne, c’est une erreur. Je suis un peintre professionnel par vocation depuis 1955. Vous étalez le palmarès de l’auteur de cette statue « l’amour », je peux en dire autant. Mais cela ne m’intéresse pas : le passé est le passé. C’est l’avenir qui me passionne.
Cependant, il y a ceux qui aiment ma peinture, et d’autres qui ne l’aime pas. C’est leur droit le plus élémentaire, et je respecte autant les uns que les autres. Vous dites aussi qu’il n’y a pas de juge, là vous vous trompez totalement, il y en a un : l’Histoire et la postérité. Mais ni vous ni moi ne le verrons. […]
Par ailleurs, concernant l’emplacement contesté de cette statue par beaucoup de gens, dont il est vrai un seul a osé s’exprimer, il m’est venu une idée. Peut-être pourrait-on l’offrir à nos copains allemands, mais en changeant le titre, en l’appelant la « Victoire », pour la placer à titre de symbole à l’entrée du site historique classé de Dachau et Buchenwald. Mais là encore, on pourrait dire « la Victoire » oui, mais à quel prix !
Je voudrais par ailleurs dire à D. Borée, qui a écrit ce petit poème sur l’amour, le bonheur qu’elle m’a inspiré. Enfin de l’humour, ce qui nous change de l’éternel tarte à la crème qui perdure depuis le Moyen âge. »
J-M. GOBIN
28 novembre , 2009 à 3:56 |
Pourquoi une telle haine?
Non monsieur Gobin la langue n’est pas en cause. Simplement nous ne parlons pas le même langage. J’appartiens à une génération qui a vu les ravages causés par la barbarie nazie. Souvenir ô combien inoubliable! Dire d’un artiste qu’il réalise des oeuvres » rappelant sans cesse l’horreur d’une certaine époque…que l’on pourrait offrir à nos copains allemands pour les placer à l’entrée de Dachau ou de Buchenwald » est proprement honteux. Ces propos sont insultants pour les victimes du nazisme, insultants pour le peuple allemand, insultants pour l’artiste. Ils sont caractéristiques d’un état haineux. Ils sont déshonorants. Ils révèlent un personnage imbu de ses certitudes, refusant ce qui est nouveau, avec la volonté de dépersonnaliser et de détruire.