Saint-Denis-sur-Sarthon attend toujours sa déviation
- L’Arlésienne
La ville est traversée par 16 000 véhicules par jour. La sécurité des piétons est mise à mal.
Une situation que Michel Julien, le maire, ne supporte plus.
1948. Cela fait exactement 61 ans que le projet d’une déviation du bourg de Saint-Denis-sur-Sarthon est évoqué. Des décennies pendant lesquelles l’espoir a plus souvent laissé la place au désarroi et à l’incompréhension. « Il y a eu des enquêtes et des études de réaliser. Tout cela a coûté des sommes monstres mais pour rien. Avec tout cet argent, on aurait pu construire trois déviations sur la commune ». Michel Julien, le maire de Saint-Denis-sur-Sarthon est amer mais aussi en colère. Cette fois, la coupe est pleine. Si l’accidentologie est en baisse actuellement, plusieurs drames se sont produits.
- Utilité publique
« J’avais toujours rechigné à en arriver à l’organisation d’une manifestation car les gens voulaient venir avec du matériel lourd pour bloquer la circulation. J’avais peur pour la sécurité. S’il y avait eu un accident, je ne voulais pas être accusé », argumente le premier magistrat. Mais un événement a fait changer à l’élu son fusil d’épaule.
« J’ai appris que Dominique Perben, alors ministre des Transports, avait décidé de nous attribuer 12 millions d’euros pour réaliser les travaux de la déviation ». À cette époque, c’est la satisfaction d’autant qu’à l’issue d’une enquête publique ou 81 personnes se sont déplacées pour dire leur soutien à la création d’une déviation, « le projet a été déclaré d’utilité publique par la préfecture ».
- 60 millions
Et puis, Natura 2000 et le Grenelle de l’environnement sont passés par là. « Le montant des travaux est passé à 60 millions d’euros et finalement, nous n’avons jamais obtenu les 12 millions promis. Ils sont reportés aux calendes grecques. S’il était primordial de refaire le carrefour de Lonrai car il était dangereux, je pense que la réalisation du tronçon Pacé-Valframbert est accélérée à cause de la future prison et que notre argent y est passé ». Michel Julien a le sentiment de s’être fait voler. « C’est insupportable et on peine à comprendre comment pour réaliser, au maximum, 8 kilomètres, le montant des travaux est multiplié par 5 ».
Alors, jeudi 30 avril, avec le soutien d’une centaine d’élus de la région mais aussi de communes concernées par le tracé de la RN12, il organise une grande mobilisation. La population sera elle aussi présente ainsi que le président de la CCI de Fougères, Michel Desroziers.
- Mobilisation
À partir de 15 heures ce jour-là, un certain nombre d’élus vont prendre la parole sur le parvis de la mairie afin de réaffirmer « notre détermination à accélérer le processus pour la 2e tranche de la déviation de Mayenne mais aussi pour la réalisation de celles de Pré-en-Pail, Saint-Denis-sur-Sarthon, Ernée, Baucé… » Ensuite, un cortège va se former. Mais pas question « de bloquer totalement la circulation ». Les personnes présentes vont défiler jusqu’au plan d’eau en direction d’Alençon avant de revenir au carrefour de la mairie.
Avec cette action, Michel Julien espère qu’un électrochoc va se produire. Si toutefois, la situation ne devait pas évoluer, le maire entend poursuivre la mobilisation.
- Sébastien Pichereau
- 60 convois exceptionnels
Chaque jour de la semaine, les habitants de la commune de Saint-Denis-sur-Sarthon voient passer 60 convois exceptionnels. Cette situation pose de réels problèmes pour la sécurité des piétons sur les trottoirs. « La route qui traverse le virage n’est pas assez large », concède Michel Julien, le maire de la commune. Résultat, « les voitures qui arrivent en face, doivent pour pouvoir croiser ces gros camions, monter sur les trottoirs ».
Du coup, Michel Julien a décidé de prendre un arrêté pour interdire la traversée des convois exceptionnels. Malheureusement, « je me suis trompé d’article dans la rédaction de cet arrêté et la préfecture a engagé une procédure auprès du tribunal administratif ». Le maire attend d’être convoqué devant ce tribunal mais est bien décidé à ne pas en rester là. « Après, je vais reprendre un autre arrêté avec le bon article pour interdire les convois exceptionnels entre le moulin et le plan d’eau ».
- 16 0000 véhicules quotidiennement
Pas facile de traverser quand on est piéton à Saint-Denis-sur-Sarthon. Chaque jour, le village est traversé par près de 16 000 véhicules de toute sorte. « En 2006, nous avions fait un comptage manuel pendant 24 heures et nous avions recensé 14 000 véhicules ».
Une telle opération devrait être de nouveau organisée par les élus « mais nous pouvons d’ores et déjà estimer que ce chiffre atteint maintenant les 16 000 véhicules ». Pour Michel Julien s’explique par le fait que les camions ne prennent pas l’autoroute « car c’est trop cher ».