L’Orne Hebdo s’intéresse aux victimes des incendies de voitures à Courteille et Perseigne. Les propriétaires alençonnais n’ont toujours pas été indemnisés.
Jean-Paul Landais et son épouse sont sans voiture depuis un mois
“On n’a entendu parler de rien”
Assuré pour l’incendie, le couple ne peut prétendre à une indemnisation.
L’expert leur propose 4 000 euros mais il ne pourra pas racheter une voiture équivalente à celle qui a brûlé.
« On n’a rien entendu du tout. C’est un voisin qui nous a prévenus à 6 heures du matin ». Jean-Pierre Landais et son épouse, habitants du quartier de Courteille à Alençon, ont pourtant rapidement dû se rendre à l’évidence. Leur Peugeot 406, comme 20 autres voitures, a brûlé volontairement dans la nuit du 17 au 18 mars dernier. « Elle était rangée à proximité de notre pavillon. Ils ont même tenté de la pousser pour enflammer les autres véhicules garés non loin ».
Assurance
Devant ce constat accablant, Jean-Paul Landais a tout de suite porté plainte et a contacté son assurance pour un éventuel remboursement. « La voiture a été évacuée par mon assurance juste après le passage du SRPJ de Rouen ». Un expert est passé huit jours après. La 406 des époux Landais était âgée de 8 ans mais n’affichait que 110 000 kilomètres au compteur. « Il m’en offre 4 300 euros mais j’ai peur de devoir déduire cette somme une franchise de 415 euros ». Pour le moment, le couple n’a pas touché la moindre somme d’argent. Jean-Pierre Landais est conscient de la situation. « Je ne vais pas pouvoir retrouver une voiture comme j’avais. Je fais 8 000 kilomètres par an. Elle était impeccable et je n’avais pas l’intention de la changer ».
Actuellement et depuis un mois, monsieur et madame Landais vivent sans voiture. « De toute façon, je ne peux pas acheter un véhicule neuf ». Alors bon gré, mal gré, « nous nous arrangeons avec la famille et les voisins nous ont proposé leur aide. Le plus souvent ma femme prend le bus et moi, je suis bloqué à la maison depuis les événements car j’ai dû mal à marcher. C’est là qu’on se rend compte qu’une voiture est pratique ».
Incompréhension
Jean-Pierre Landais et son épouse étaient optimistes quant à une possible indemnisation des victimes. Mais là aussi, la machine s’est enrayée. « La réunion du mercredi soir était un coup de bonheur de la part des élus », se souvient le chef de famille. Le bonheur ne fut que de courte durée. « On nous a conseillé de contacter l’association d’aide aux victimes d’infractions pénales. Ce que nous avons fait mais nous avons appris que nous ne pouvions prétendre à aucune indemnisation car nous étions assurés pour l’incendie ». Stupéfaction et fin des illusions.
« Il y a de l’incompréhension dans cette affaire. Nous avons entendu parler des 22 000 euros débloqués par le CCAS pour venir en aide aux victimes. Il y a 35 voitures qui ont brûlé à Alençon. Cela ne fait que 600 euros par victime ». L’absence de dialogue est pesante. « On a encore entendu parler de rien. Où sont passées les belles promesses de la première réunion ». Les époux Landais attendent avec impatience que les responsables des incendies soient interpellés et jugés pour se constituer partie civile et « réclamer des dommages et intérêts ».
Sébastien Pichereau
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Stanislas Lebret a été obligé de racheter une voiture
Colère et amertume
Le jeune homme a été remboursé par son assurance mais il espérait toucher des indemnisations.
Il n’en est rien. L’incompréhension prend le dessus.
« Je n’ai pas de nouvelles depuis la première réunion avec la mairie. Encore une fois, ce sont des belles paroles ». Stanislas Lebret est amer. Sa Peugeot 406 a également brûlé lors des événements qui ont enflammé les rues du quartier de Courteille à Alençon. « Ma voiture avait 240 000 kilomètres mais je venais de finir de la payer ». Il y a trois ans, le jeune homme avait acheté cette automobile 7 500 euros. « J’ai tout de suite fait les démarches nécessaires auprès de mon assurance. Un expert est passé ». Le véhicule est estimé une première fois à 2 500 euros. « Finalement, il en donne 3 200 euros ». Stanislas est loin du compte mais ne peut espérer malheureusement plus. « Je suis assuré tous risques. Je ne peux pas bénéficier d’indemnisation alors qu’on nous avait assuré le contraire ». Amertume encore et surtout colère pour ce jeune homme.
Déprime
À la recherche d’un emploi, Stanislas avait absolument besoin d’une voiture. Une fois remboursé, il s’est mis en quête d’un nouveau véhicule. « Nous avons fait 600 kilomètres et vu 11 voitures avant de trouver la bonne », se souvient son père. « C’est une 406 phase 1 de 1998 alors qu’avant j’avais une phase 2 qui était plus récente ».
Stanislas Lebret n’a pas voulu et n’a pas pu rester dans son appartement à Courteille. « Depuis les événements, je vis chez mes parents », explique le jeune homme. « Il a fait une déprime et il a dû mal à dormir la nuit », ajoute son père. Conscient de ne pouvoir rester indéfiniment au domicile de ses parents, il a fait une demande de logement afin de quitter le quartier. « J’ai vu ma voiture brûlée là-bas. Ca ne pourra jamais être pareil ». Il a rempli un dossier et attend avec impatience la réponse du bailleur social. « Je suis victime et c’est encore à moi de faire toutes ces démarches ».
Des coupables ?
Ne pouvant donc attendre aucune aide financière pour pallier le préjudice, Stanislas Lebret n’espère plus qu’une chose. « J’attends qu’ils attrapent les coupables pour me constituer partie civile. Si cela ne devait pas aboutir, je suis prêt à monter une association avec les autres victimes pour essayer d’obtenir gain de cause ». Mais là encore la lassitude et les regrets reprennent le dessus. « On nous a menés en bateau et ce n’est pas normal. L’attitude de la mairie est décevante. On nous a remonté le moral et puis plus rien ».
S.P
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Pierre-Yves Tireau souhaiterait plus de soutien
“Nous sommes délaissés”
Il remue ciel et terre pour obtenir de l’aide. En vain pour l’instant.
Pierre-Yves Tireau peine à se remettre du spectacle de sa voiture brûlée. L’avant de sa BMW série 5 a entièrement fondu. Rien que de ressortir les photos de la voiture de son dossier et l’Alençonnais a un pincement au cœur. « C’était une très belle voiture mais elle avait plus de douze ans, 252 000 kilomètres et ne cotait plus à l’Argus ». De cette belle voiture, il ne reste plus rien. Elle a été la proie des incendiaires de voitures dans le quartier de Courteille dans la nuit du 17 au 18 mars.
Une solution
« J’ai porté plainte et j’ai contacté mon assurance ». Un expert est passé pour estimer la valeur du véhicule. « Il s’est basé sur ce qu’il en restait. Il a vu qu’elle était propre mais il n’en a pas tenu compte ». Pierre-Yves Tireau venait pourtant de faire de nombreux travaux sur sa voiture. Cela n’a pas inversé la tendance. « Il m’en propose 4 200 euros mais il va falloir déduire la franchise de 609 euros ». Il y a sept ans, l’Alençonnais s’était procuré sa voiture au prix de 12 900 euros. Depuis un mois, il n’a plus de moyen de locomotion personnel. « Pour l’instant, nous n’avons pas les moyens d’acheter une autre voiture. Et puis, ce n’est pas vraiment le moment pour obtenir un crédit ». Actuellement, un ami prête une voiture à la famille. « Ca nous dépanne mais ce n’est pas l’idéal pour les enfants et le travail. Il faut absolument trouver une solution le plus vite possible. Un mois c’est déjà long et il faut absolument que nous ayons de l’aide ».
Abandon
Et c’est là que le problème se pose. Pierre-Yves Tireau remue ciel et terre pour tenter d’obtenir des indemnisations. « Nous avons participé à la réunion qui a eu lieu à Courteille. On nous a expliqué que nous aurions de l’aide à condition de remplir un dossier auprès d’une association de victimes ». Le chef de famille a contacté cette association. Il a un rendez-vous dès le vendredi 20 mars. « J’ai demandé à le décaler en raison de mes obligations professionnelles ». Finalement, un entretien est fixé à 15 h 30. À l’heure dite, Pierre-Yves et son épouse se présentent au centre social de Courteille. Mais sur place, ils apprennent que les personnes qui devaient les recevoir sont parties. « Nous nous sommes déplacés pour rien mais nous ne voulions pas en rester là ». Le couple se dirige vers le siège de l’association. « Nous avons vu le responsable qui nous a expliqué que nous avions mal compris et qu’on n’avait droit à rien ». Stupéfaction et direction l’hôtel de ville. « On voulait voir le maire ». Pas possible. Pierre-Yves Tireau s’emporte. Des policiers municipaux viennent le calmer. Finalement, une représentante du cabinet du maire descend. « Elle nous a affirmé qu’elle allait contacter l’association et nous obtenir un rendez-vous. Pour le moment, nous n’avons pas de nouvelle et nous avons le sentiment d’être délaissés ». Son assurance n’a toujours pas débloqué les fonds liés au remboursement. La situation devient pesante. Pierre-Yves Tireau souhaiterait que tout cela soit réglé mais pour le moment « c’est le silence complet de partout ».
S.P
7 mai , 2009 à 10:22 |
Bonjour, je vois que sur Alençon c’est toujours le même scénario “voitures brulées” – j’en ai fait les frais le 24 novembre 2007, c’est ma voiture qui faisait la UNE de la presse, je ne serais bien passé d’une telle notoriété- Mais à ce jour j’attends toujours que qque chose se passe financièrement – J’ai du quitté Alençon car suite à mon dépot de plainte j’ai été menacé et pour finir j’ai été agressé en pleine rue – Fuir était pour moi femme seule la seule solution – A quand le Procès ????????