Alençon-Médavy : avant-propos sur la course événement !

5168 classés en 1993. “Seulement” 3141 l’an dernier, soit la “jauge” de 1990. “Médavy est-elle encore une grande course ?”. Cette question, certains se la posent. Pas Pierre Vannier, chef organisateur qui répond aux critiques.

(A lire aussi dans l’Orne Hebdo : portraits de coureurs atypiques, Pierre Canet (35 Médavy sur 36), Laurence Leboucher, championne du monde de VTT, Gilbert vétillard, Catherine Gloux…)

 

Comment expliquez-vous la baisse de fréquentation ? Quelles en sont les causes ?

“Oui, baisse il y a et ce depuis 1994. Donc, ce n’est pas un phénomène nouveau. Le « sommet » de 1993 nous a permis de découvrir les limites de bonnes conditions de course. Notre Comité a eu depuis ce jour pour seul but un nombre non pas maximal de participants, mais un nombre idéal et de travailler pour la durée.

Le drame de 1995 (décès d’une participante) a également provoqué au sein du Comité le besoin de bien maîtriser l’aspect sécurité.

Nous sommes dans une ville, un département, une région qui ont du mal à « garder » la tranche de population 18-30 ans, population cible du sport. La baisse de la fréquentation est mesurée en terme de coureurs classés. Or, depuis quelques années, nous avons un nombre de coureurs inscrits presque constant. En 2008, beaucoup d’inscrits ne sont même pas venus à Alençon retirer leur dossard du fait de la neige qui tombait dès le matin dans les départements limitrophes.

La course à pied est un sport « ingrat » en ce qui concerne l’entraînement. Pour faire ce parcours dans de bonnes conditions, il faut s’entraîner dès le 1er janvier en extérieur au moins deux fois par semaine, quel que soit le temps… Reconnaissons qu’il existe des activités plus ludiques !”.

 

“On réfléchit à une course « jeunes » le dimanche en prélude de la course des grands”

 

Quelle est la place de Médavy au niveau national ?

“En terme de notoriété, une des toutes premières assurément. En terme de rigueur de l’organisation et des principes, la première peut-être. En terme de l’application du même règlement pour tous, qui fait mieux ?

Si c’est en terme d’équité du paiement des inscriptions obligatoires pour chacun, qui fait mieux ?

Si c’est en nombre de coureurs, oui il y en a d’autres devant. Mais devons-nous nous comparer avec les grandes métropoles et les gros budgets ? Pas sûr. Par chance, Alençon-Médavy est managé par une équipe de bénévoles”.

 

Médavy est-elle encore une grande course ?

“Assurément oui. À ce titre, elle a obtenu récemment le “Bipède d’Or” de l’organisation. Il est vrai que ceux qui ne l’ont pas obtenue dénigrent cette distinction. Rien que de plus normal !

Alençon-Médavy est une grande course et une grande réussite si on veut bien regarder la particularité du parcours et la difficulté sportive d’une part (pas banale), la difficulté organisationnelle d’autre part. Rappelons que le carrefour de la Croix de Médavy est dépourvu d’électricité, de téléphone et d’eau !”.

 

Le dimanche, c’est toujours la bonne solution ?

“Oui et nous en sommes sûrs. C’est bizarre : dans l’Orne, trois épreuves organisées un samedi en 2008 disparaissent (Livaie, Briouze, Echauffour) du calendrier 2009. Les Foulées Scolaires organisées le samedi connaissent un passage délicat. Pour cette épreuve, le Comité Alençon-Médavy réfléchit à une course « jeunes » le dimanche en prélude de la course des grands.

D’autre part n’oublions JAMAIS les bénévoles pour qui c’est plus simple de protéger des carrefours le dimanche que le samedi. Les aménagements de voirie (que nous ne contestons absolument pas) influent largement sur les décisions. Il n’est plus possible de partir de l’avenue Luther King. Le seul départ possible est désormais rue de Bretagne, qui doit impérativement être interdite à la circulation dès 7 heures du matin. Impossible d’imaginer cette rue interdite à la circulation un samedi…

 

Inscriptions encore ce mardi 24 mars

 

À 13 heures, c’est toujours la bonne solution ? Pourquoi pas à 10 heures ou à 10 h 30 ?

“C’est justement pour avoir plus de monde que c’est à 13 heures Si c’était à 10 heures, qui viendrait si ce n’est uniquement les coureurs du pays d’Alençon ? Médavy ne justifie sans doute pas que les participants arrivent la veille et paient un hébergement hôtelier. Il faut donc leur laisser le temps d’arriver !”.

 

Pourquoi ne pas boucler les inscriptions 48 heures avant ?

“Il fut une époque où les inscriptions étaient prises jusqu’au dernier jour. Souvenons-nous alors qu’à cette époque, pas si ancienne, le certificat médical n’était pas exigé. Notre Comité est intransigeant sur le respect de cette mesure. Il faut donc avoir le temps d’éventuellement retourner au participant une inscription incomplète. En tant qu’organisateur et président de la Commission des courses hors stade, je vois trop d’organisateurs laxistes sur ce point. C’est leur choix. Notre course nécessite au moins 3 mois de préparation pour le coureur : comment expliquer qu’un participant puisse dire qu’il n’a pas eu le temps d’avoir un certificat médical par exemple ?

Nous sommes, il est vrai, rigoureux sur cet aspect. Je rappelle que nous avons déjà été confrontés au drame le pire qui puisse arriver sur ce type d’épreuve.

Dois-je rappeler aussi que le travail est fait par des bénévoles et que les coureurs sont bien contents de pouvoir retirer leur dossard sans qu’il n’y ait de recherche parce que les fichiers sont « nickel » ?

Pour 2009, les inscriptions ont été prolongées jusqu’au mardi 24 mars”.

 

Envisagez-vous de demander l’avis des coureurs (par écrit, coupon-réponse) etc. ?

“Nous avons suffisamment de commentaires écrits ou oraux pour savoir ce que pensent les coureurs.

Il faut entendre ce que disent ces coureurs au niveau de la ligne d’arrivée. C’est « Merci…, bravo les bénévoles…, quelle organisation extraordinaire…, c’est dur mais je reviendrais…, quel boulot ce doit être… » Il y a des regards qui ne trompent pas quand le souffle est trop court. Nous avons aussi, le jour de la course, la présence des organisateurs des grandes courses de l’Ouest. Nous échangeons en toute franchise et ils nous félicitent, sans démagogie, sur notre organisation « atypique ».

 

Plus tard au printemps ?

 

Pourquoi ne pas l’envisager plus tard dans la saison (pour éviter les problèmes de météo) ?

“Je suis bien content que la météo soit prise en compte dans l’analyse. Par malchance, nous avons eu, ces dernières années, une météo défavorable. Nous faisons avec. Il faut observer sur la durée… depuis 36 ans !!!

D’autre part, depuis 19 ans la date de Médavy dépend, ce qui peut sembler paradoxal, des Foulées scolaires. Nous sommes dans un pays où le calendrier, principalement au premier semestre, est influencé par des fêtes religieuses mobiles. Pâques « bouge », les congés scolaires « bougent », etc. Notre souci, depuis 19 ans, est de favoriser au maximum la réalisation des Foulées Scolaires. Or, celles-ci ne peuvent se dérouler, comme chacun le sait, l’un des trois week-ends des vacances scolaires, ni le week-end de Pâques, etc. Nous établissons, au moins jusqu’en 2009, le calendrier à partir de ces paramètres. Nous verrons à partir de 2010 ce qu’il en sera. Mais la chaleur est aussi l’ennemie du coureur”.

 

Parlons budget : la fréquentation baisse, vous avez toujours le même budget…

“Non, nos recettes diminuent évidemment. La principale recette vient des participants eux-mêmes. Mais nos dépenses ne dépendent pas, pour une grande partie du budget, du nombre de coureurs.

À partir du moment où il faut protéger tout le parcours, et qu’il y ait 1 000 coureurs ou 4000, il faut le même nombre de gendarmes, le même nombre de policiers, le même nombre de postes de secours, le même PC médical. Les arches ont le même prix, quel que soit le nombre de coureurs qui passent en dessous ! La sonorisation sur la zone de départ ou sur la zone d’arrivée est la même !

Les frais de gestion sont les mêmes, etc. Or les dépenses « augmentent ». Heureusement, les partenaires, qu’il s’agisse des collectivités territoriales ou des partenaires privés l’ont bien compris”.

 

Comment peut évoluer la course ? Quelles nouveautés envisagées ?

“La course évolue tout le temps mais à partir d’un socle fixe : le parcours. Chacun a pu observer ses évolutions qui ne concernent que l’environnement de la course. Nous sommes fiers de bâtir cette épreuve sur la même base depuis 36 ans. Combien de manifestations ont cette pérennité dans le Pays d’Alençon ?

Des évolutions seront annoncées pour 2010 lors de la remise des récompenses au Parc des Expositions”.

 

« Médavy, c’est la course des frères Vannier » : vrai ou faux ?

“Faux, évidemment. Médavy, c’est un comité de 12 personnes, le concours efficace de 300 bénévoles, le travail bien fait de nombreux prestataires (secours, sono, services techniques), l’appui infaillible de nos partenaires actuels, la participation de milliers de coureurs. Mais surtout ce fabuleux groupe des 300 bénévoles capable de réaliser dans cette journée des prouesses pour que le coureur « n’ait plus qu’à courir ! » Disons juste que je suis présent depuis 1974″.

 

Savez-vous ce que sont devenus les anciens vainqueurs ?

“Oui pour quelques-uns. Comme dans d’autres sports, certains ont eu une fin de vie tragique. Mais d’autres ont une vie épanouie, ce qui ne surprend pas.

Ce type de sport ne permet pas la triche ou la « frime ». Les vainqueurs, hommes et femmes sont des individus qui se sont astreints à des règles de vies exigeantes et ils ont, heureusement pour l’immense majorité, réussi l’après sport, ce qui est bien l’essentiel d’une vie”.

 

“Les grands noms sont ceux de chacun des inscrits”

 

On vous voit vous entraîner : referez-vous Médavy ?

“Non. Je suis passé l’autre côté de la course et j’y trouve des satisfactions insoupçonnables pour celui qui n’a pas la chance d’être à la tête d’un groupe de « bénévoles » au sens vrai du terme.

La satisfaction du dimanche soir, lorsque nous sommes uniquement entre bénévoles après une (dure) journée partagée ensemble, n’a pas d’équivalent ailleurs. J’ai effectivement retrouvé le plaisir du footing, mais je m’arrête assez souvent si je rencontre quelqu’un ou si un paysage le justifie. La vie passe si vite que je ne veux pas l’accélérer et je fais des pauses ! J’ai eu aussi tant de plaisir à courir lors du dernier Auray-Vannes que je vais sans doute le refaire en septembre”.

 

Cette année : combien d’étrangers ? Quels « grands noms » ?

“Je n’aime pas utiliser le mot « étranger ». De qui sont-ils l’étranger ? Pour moi, ils sont de la grande famille des coureurs et cela me suffit. Alors oui, ils peuvent venir d’ailleurs qu’Alençon ou de l’Orne, et peut-être avoir fait un grand voyage dans des conditions précaires. Bienvenue à eux, à condition que comme chacun des participants ils veuillent bien s’acquitter de 12 euros, s’inscrire dans les délais et fournir un dossier complet. Faut-il, pour la énième fois, redire que AUCUN participant ne perçoit d’indemnités ou de frais d’hébergement ?

C’est une volonté forte de notre Comité et une règle facile à tenir puisqu’il s’agit juste… d’équité ! Des demandes de « grands noms » au sens journalistique du terme nous en avons beaucoup et nous en refusons presque autant pour seulement 12 euros non versés !

Mais pour nous les grands noms sont ceux de chacun des inscrites ou inscrits”.

 

Le peloton continue-t-il de vieillir ?

“Non ! En effet, nous avons cette année un apport de jeunes participants grâce au groupe des pompiers de l’Orne, des élèves de l’école de kiné d’Alençon et d’une école d’ingénieur de Caen. Presque 200 jeunes de moins de 25 ans !”.

JMF

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